Un texto de votre banque. Un courriel de l'Agence du revenu. Un proche qui vous demande de l'argent. Une personnalité connue qui vous recommande un placement particulièrement intéressant…

Il y a quelques années, certaines arnaques étaient relativement faciles à repérer : une faute d'orthographe, une adresse étrange ou un message maladroit pouvaient rapidement mettre la puce à l'oreille.

En 2026, cela ne suffit plus.

L'intelligence artificielle permet de créer des messages, des images et même des voix de plus en plus convaincants. Le thème choisi cette année par le gouvernement du Canada pour le Mois de la sensibilisation à la cybersécurité tombe donc à point : « La meilleure défense, c'est vous. »

Bonne nouvelle : nul besoin d'être expert en informatique pour mieux se protéger. Il faut surtout adopter quelques nouveaux réflexes.

1. « Bonjour, c'est votre banque… » : raccrochez !

Le scénario est particulièrement fréquent en 2026.

Une personne vous appelle en se présentant comme un conseiller bancaire ou un enquêteur. Votre compte aurait été piraté et il faudrait agir immédiatement. Votre interlocuteur peut connaître certaines informations vous concernant, ce qui rend l'appel particulièrement crédible.

Puis arrive la demande : transférer votre argent vers un « compte sécurisé », communiquer un code de vérification ou même participer à une prétendue enquête.

Le Centre antifraude du Canada a enregistré 28,6 millions de dollars de pertes liées aux fraudes du faux enquêteur bancaire durant les six premiers mois de 2026.

Le bon réflexe : raccrochez. Prenez votre carte bancaire et appelez vous-même votre banque au numéro indiqué au dos. N'utilisez jamais le numéro donné par votre interlocuteur et ne transférez jamais d'argent vers un prétendu « compte sécurisé ».


2. Un proche vous demande de l'argent ? Vérifiez que c'est bien lui

« J'ai un problème. J'ai besoin d'argent rapidement. Surtout, n'en parle à personne… »

Jusqu'ici, reconnaître la voix de son enfant ou de son petit-enfant pouvait sembler suffisamment rassurant.

Plus maintenant.

Les outils d'intelligence artificielle peuvent notamment être utilisés pour imiter la voix d'une personne connue. La campagne canadienne de cybersécurité 2026 recommande donc de faire une pause et de vérifier avant d'agir.

Le bon réflexe : raccrochez et appelez la personne sur son numéro habituel. Vous pouvez également lui poser une question personnelle dont elle seule connaît la réponse.

Et méfiez-vous d'un mot en particulier : « urgent ».

Créer un sentiment d'urgence est précisément l'un des moyens utilisés par les fraudeurs pour nous empêcher de prendre le temps de réfléchir.

3. Un investissement extraordinaire ? Ne vous laissez pas impressionner

Une vidéo d'une personnalité connue. Des témoignages enthousiastes. Une plateforme particulièrement professionnelle. Des rendements impressionnants…

Tout cela peut désormais être fabriqué ou manipulé.

Et l'enjeu financier est considérable : avec environ 139,6 millions de dollars de pertes déclarées au premier semestre 2026, la fraude à l'investissement est celle qui a occasionné les pertes financières déclarées les plus élevées au Canada sur cette période.

Le bon réflexe : ne prenez jamais une décision financière uniquement à partir d'une publicité, d'un message reçu sur les réseaux sociaux ou d'une sollicitation que vous n'avez pas demandée.

Et une promesse de rendement élevé ou garanti doit immédiatement éveiller votre méfiance.

 

4. On vous propose de récupérer l'argent d'une précédente fraude ? Attention !

C'est probablement l'une des arnaques les plus cruelles.

Après avoir déjà perdu de l'argent, une victime est contactée par une personne prétendant représenter la police, une institution financière, un organisme gouvernemental ou un service spécialisé.

Bonne nouvelle, lui annonce-t-on : votre argent a été retrouvé !

Il suffit de payer quelques frais administratifs, des taxes ou un dépôt pour le récupérer.

Le piège se referme alors une seconde fois. Le Centre antifraude du Canada avertit même que des fraudeurs utilisent actuellement son propre nom et son logo pour rendre leurs demandes crédibles.

Le bon réflexe : ne payez jamais pour récupérer de l'argent précédemment perdu dans une fraude.

 

5. Courriel, texto, lien : adoptez la règle des 30 secondes

Votre colis ne peut pas être livré.
Votre compte va être bloqué.
Vous avez droit à un remboursement.
Une facture reste impayée.

Et juste en dessous : un lien sur lequel il faudrait cliquer immédiatement.

STOP.

Accordez-vous simplement 30 secondes.

Demandez-vous : est-ce que j'attendais vraiment ce message ?

Puis, au lieu de cliquer sur le lien, ouvrez vous-même l'application de l'entreprise ou recherchez son site officiel. Le gouvernement du Canada recommande justement de ne pas se connecter à un compte depuis un lien contenu dans un message suspect.

Ces quelques secondes peuvent suffire à éviter une grosse erreur.

 

Et maintenant ? Trois choses à faire aujourd'hui

Profitez du Mois de la cybersécurité pour faire un petit contrôle de vos comptes.

1. Changez vos mots de passe les plus fragiles.
Utilisez un mot de passe différent pour chaque compte. Encore mieux : choisissez une phrase de passe. Le gouvernement du Canada recommande, lorsque c'est possible, une combinaison d'au moins quatre mots aléatoires et 15 caractères.

2. Activez l'authentification multifactorielle.
Vous connaissez peut-être déjà ce système : après votre mot de passe, votre banque ou votre messagerie vous demande une deuxième vérification. Activez-la chaque fois qu'elle est proposée. Ainsi, même si quelqu'un obtient votre mot de passe, il lui reste une barrière supplémentaire à franchir.

3. Prenez l'habitude de vérifier autrement.
Un appel de votre banque ? Vous raccrochez et la rappelez.
Un courriel de l'Agence du revenu ? Vous ouvrez vous-même votre compte.
Un proche demande de l'argent ? Vous l'appelez sur son numéro habituel.

 

En résumé : en 2026, ralentissez !

Au cours des six premiers mois de 2026, les Canadiens ont déclaré environ 351 millions de dollars de pertes liées à la fraude au Centre antifraude du Canada. Et celui-ci estime que seulement 5 à 10 % des fraudes sont signalées.

Mais ne retenez pas ces chiffres pour avoir peur.

Retenez plutôt trois verbes : ralentir, vérifier, agir.

Parce qu'en 2026, un message sans faute, une voix familière ou une image convaincante ne suffisent plus à prouver que la personne derrière est bien celle qu'elle prétend être.

Alors avant de cliquer, de répondre, de transmettre un code et, surtout, de payer : accordez-vous quelques secondes de plus.

 

Pour aller plus loin

Profitez du mois d'octobre pour découvrir les conseils et outils de la campagne officielle du gouvernement du Canada :

Mois de la sensibilisation à la cybersécurité – Pensez cybersécurité

Sources : Centre antifraude du Canada, Fraud Trends – First 6 Months of 2026 ; Gouvernement du Canada, campagne Pensez cybersécurité, 2026.